Il y a 20 ans, le président de Nintendo faisait une déclaration qui semblait ambitieuse pour l’époque. Et pourtant, c’est aujourd’hui la plus payante.
La sortie d’un nouveau Mario en 3D ou d’un Zelda inédit marque systématiquement un événement. Mais leur impact ne tient pas tant du symbolisme que représente chaque nouvel épisode principal sur une console, mais de leur caractère exceptionnel dû à une stratégie que Nintendo applique depuis plusieurs générations. Contrairement à certains concurrents, la firme de Kyoto évite de saturer ses licences principales pour attendre le bon moment pour les faire revenir avec une proposition suffisamment différente. Une philosophie que Satoru Iwata résumait déjà très bien il y a 20 ans.
Retour sur la philosophie de l'éditeur
Il y a des archives qui vieillissent mieux que d’autres. En 2006, le président de Nintendo expliquait au micro de MTV News que l’entreprise ne pouvait pas se contenter d’enchaîner les suites. « Si nous nous contentions de faire sans cesse des suites sans jamais rien proposer de nouveau ni de différent, les joueurs nous considéreraient comme une entreprise très conservatrice, peu encline à prendre de véritables initiatives et à se lancer dans de nouvelles aventures », expliquait-il. Des propos qui font particulièrement écho à l’industrie aujourd’hui, à l’heure où les cadres imposent la sécurité au détriment de la créativité. « Ce n’est pas le genre de personne que je suis, ni le genre d’entreprise que je souhaite que Nintendo soit. », ajoutait-il. Si 20 ans plus tard la firme de Kyoto a conservé cette philosophie, la déclaration de Satoru Iwata portait un caractère assez ambitieux pour l’époque.
Nintendo venait de connaître deux générations de consoles, la N64 et la GameCube qui s’étaient fait distancer par PlayStation et Xbox, malgré le succès critique de Super Mario 64, Ocarina of Time ou encore Zelda The Wind Waker. Le président du groupe japonais intervenait alors dans un contexte où Nintendo allait commercialiser une console à détection de mouvement, alors connue sous le nom de code Revolution, qui allait finalement devenir la Wii. A cette époque, Nintendo expérimentait beaucoup avec la DS et des jeux comme Nintendogs et Dr Kawashima. Une stratégie qui inquiétait forcément les fidèles de la marque, qui attendaient leur prochain Zelda ou Mario. Le patron de Nintendo assumait vouloir mener les deux fronts de concert.

20 ans plus tard, la stratégie de Nintendo toujours payante
« Nous allons bien sûr continuer à répondre aux attentes de ceux qui recherchent ces expériences classiques de Zelda et de Mario. En parallèle, nous allons proposer ces nouvelles expériences à des personnes qui n’ont jamais joué à des jeux vidéo auparavant. Il peut s’agir de personnes qui ne jouent que pendant de très courtes périodes au cours de la journée. … Les joueurs pourront découvrir à la fois le style de jeu classique que nous avons proposé par le passé et ces styles de gameplay entièrement nouveaux et différents », expliquait Iwata en 2006. Avec le recul, il est difficile de ne pas voir dans cette stratégie les prémices de l’énorme succès de la Wii et de la DS. Leurs successeurs respectifs n’ont pas rencontré le même succès, mais la philosophie de Nintendo reste sensiblement inchangée aujourd’hui.
« Une grande partie de notre fanbase attend une suite à ces jeux. Il est de notre responsabilité de répondre aux attentes de ces fans, mais pour ce faire, notre priorité absolue pour chacune de ces suites est de trouver des moyens d'innover au sein de cette franchise. » Une phrase qui résume finalement assez bien le parcours récent de Nintendo. Zelda Breath of the Wild a profondément marqué la licence, quand Super Mario Odyssey a apporté un véritable vent de fraîcheur à la saga. La recette semble encore appliquée à la Nintendo Switch 2, qui attend encore son nouveau Zelda et Mario. En attendant, les joueurs pourront redécouvrir le monument Ocarina of Time sous un nouveau jour dès le 5 novembre 2026.
Source : MTVNews